Logistique > 25 Mars 2019
ED95

Interview de Jérôme Budua, DG de Raisinor

« Nous souhaitons également positionner le ED95 comme la solution la plus économique des solutions alternatives. Le ED95 se développera aussi bien dans les grandes agglomérations que dans des zones moins urbanisées. »
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L’ED95 n’est homologué que depuis deux ans ; pouvez-vous expliquer quel en est le processus de fabrication et ses avantages d’un point de vue environnemental ?

L’obtention de l’homologation en 2016 a per- mis au ED95 d’intégrer les solutions alterna- tives aux carburants d’origine fossile. Son processus de fabrication est à l’image de celui du café... On plonge le marc de raisin (rési- dus issus de l’élaboration du vin) dans de l’eau chaude, celle-ci se charge en alcool et est ensuite distillée et épurée. L’ajout d’un additif (non pétrolier) permet d’obtenir le biocarbu- rant ED95. Celui-ci est ensuite livré directe- ment aux dépôts des transporteurs.

De plus en plus de territoires cherchent des solutions pour limiter les nuisances environ- nementales de leurs ottes. Comment pou- vez-vous les accompagner dans cette dyna- mique ?

Les véhicules ED95 béné cient de la vignette Crit’air 1 et répondent à la norme Peak (nui- sances sonores). Tous les types de véhicules sont concernés, de la benne à ordures ménagères aux bus urbains, interurbains, et pour les trans- ports de marchandises, tracteurs et porteurs. Même les toupies (béton) ED95 existent !

Quelles sont les objectifs de développement de ce biocarburant, et les éventuels freins que vous pourriez rencontrer ?

La solution ED95 que nous proposons se développera dans les régions viticoles. Dans cette approche pragmatique, nous favorisons les circuits courts et réduisons ainsi les impacts environnementaux par rapport aux énergies fossiles. Nous souhaitons également positionner le ED95 comme la solution la plus économique des solutions alternatives. Le ED95 se développera aussi bien dans les grandes agglomérations que dans des zones moins urbanisées.

Les freins au développement sont souvent liés à une réglementation oue et changeante... Les transporteurs gardent ainsi la technologie qu’ils maîtrisent en termes de coûts. Pour pallier cela, nous avons mené plusieurs études avec l’ITERG et l’ADEME a n de pouvoir répondre aux interrogations des gestionnaires de ottes mais aussi des instances de l’Etat. Nous défendons l’approche de type ACV (Analyse de cycle de vie) a n d’éviter le report de pollution sur d’autres territoires...