Dossier mobilité Logistique > 26 Mars 2019
ED95

Interview de Koen Knoops, Président de Scania

« le bouquet de solutions au nombre de 5 (bioethanol, biogas, biodiesel, gas-oil synthétique, hybridation) allusion est justement une réponse très concrète aux impératifs des territoires. »
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Scania est aujourd’hui le seul constructeur à proposer des véhicules pouvant utiliser de l’ED95. Qu’est-ce qui a motivé votre volonté de travailler sur ce carburant ?

L’objectif de décarbonation totale des transports à l’horizon 2050 implique le re- cours, dans les transports routiers, non pas à une énergie unique, mais à un bouquet de solu- tions alternatives au diesel et plus globalement aux énergies fossiles. L’ED95, par son haut po- tentiel de réduction des gaz à effet de serre, est l’une des réponses les plus pertinentes du moment. Il faut noter aussi l’expérience unique de Scania depuis plusieurs décennies dans la maitrise de cette énergie.

Comment un constructeur comme Scania peut aider les territoires à se tourner vers des véhi- cules moins polluants ?

Tout d’abord en éduquant et en informant. Le dis- cours trop souvent utilisé est celui d’une ou deux énergies alternatives, trop souvent même d’origine fossiles, qui résoudraient à elles seules le dé que nous devons relever ensemble. Or, le bouquet de solutions au nombre de 5 (bioethanol, biogaz, biodiesel, gas-oil synthétique, hybridation) auquel je faisais allusion est justement une réponse très concrète aux impératifs des territoires : la pro- duction d’un carburant, son approvisionnement et son stockage, la formation des conducteurs et des équipes de maintenance par exemple sont autant de paramètres à prendre en compte et qui sont rarement duplicables d’une région à une autre.

En terme d’information, je ne peux que vous conseiller la lecture du rapport d’essai d’émissions que nous avons réalisé début 2018 avec l’ADEME. Il s’agit d’essais comparatifs d’autocars identiques, propulsés par des groupes gaz, gas-oil et éthanol.

Dans d’autres pays, et notamment en Suède, cette motorisation est très répandue. Qu’est- ce qui, selon vous, limite son déploiement en France ?

Cette transition que nous vivons en France est très récente, comparativement à la Suède qui s’est très tôt préoccupée de l’environnement de manière très pragmatique.

C’est aussi la dé nition même de la mission de Scania qui a favorisé l’émergence de solutions alternatives performantes et applicable ici et maintenant.

C’est en n notre système industriel construit autour de la modularité qui nous permet pour une même puissance de moteur, de gérer jusqu’à 5 carburants différents, et une in nité de con gurations adaptées aux activités de nos clients transporteurs de voyageurs et de marchandises.