Dossier mobilité > 09 Septembre 2016
Stratégie

Stratégie de développement de la mobilité propre

En juin dernier le Ministère de l’environnement, de l’énergie et de la mer a présenté un document préparatoire à la Stratégie pour le développement de la mobilité́ propre (SDMP). Prévue par l’article 40 de la Loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte (LTECV), la SDMP fait un état des lieux des actions engagées en matière de mobilité durable. Elle sera annexée à la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), laquelle doit fixer les priorités d’actions de la politique énergétique. Le Forum des mobilités revient ici sur les axes majeurs de ce document.
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En juin dernier le Ministère de l’environnement, de l’énergie et de la mer a présenté un document préparatoire à la Stratégie pour le développement de la mobilité́ propre (SDMP). Prévue par l’article 40 de la Loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte (LTECV), la SDMP fait un état des lieux des actions engagées en matière de mobilité durable. Elle sera annexée à la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), laquelle doit fixer les priorités d’actions de la politique énergétique. Le Forum des mobilités revient ici sur les axes majeurs de ce document.

 

Développer les véhicules à faibles émissions

Une des grandes orientations de la LTECV concerne la réduction de la dépendance énergétique au pétrole et l’amélioration de la qualité de l’air. En ce sens, la SDMP fait le point sur le développement des véhicules à faibles émissions. Les objectifs sont respectivement fixés à 1,9 et 2,5 millions pour le nombre véhicules électriques et de véhicules hybrides rechargeables en circulation en 2030. Le gouvernement identifie le GNV comme une solution de substitution crédible pour le transport lourd ; il est attendu que le parc GNV représente 3% du parc poids lourds en 2023, puis 7 % en 2030. Pour ce même horizon, « une part de 15% des carburants renouvelables est visée ». Si de nombreuses actions sont déjà menées, telle que la mise en place dès 2016 du dispositif certificat qualité de l’air, offrant la possibilité aux collectivités territoriales de mettre en place des avantages de circulation pour les véhicules les moins polluants, une des clés pour atteindre ces ambitions écologiques repose sur des projets de grande envergure. Le document mentionne par exemple le lancement d’un appel à projet mondial pour « la conception, le développement et la commercialisation d’un véhicule électrique populaire à moins de 7 000 Euros ».

 

Développer les infrastructures et les carburants alternatifs

Dès lors, une autre nécessité survient : le développement du marché des carburants alternatifs, et le déploiement des infrastructures correspondantes. En matière d’électromobilité, les collectivités territoriales disposent désormais d’une guide technique pour la conception et l’aménagement des infrastructures de recharge pour véhicules électriques et hybrides rechargeables. L’enjeu est de permettre l’accès à des points de recharge au plus grand nombre ; la Ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie, Ségolène Royal, avait annoncé un objectif d’au moins 7 millions de points de recharge installés d’ici 2030.

La SDMP rappelle également les performances des biocarburants et de la mobilité gaz, tout en insistant sur le besoin d’augmenter les points d’avitaillement en GNL et GNC.

Enfin, il est noté que la solution hydrogène est un élément clé du développement de l’électromobilité. Par ailleurs, il présente l’intérêt de favoriser les interactions entre différentes énergies.

 

Optimiser les véhicules

Aussi, il est indiqué différentes trajectoires, déjà engagées ou envisagées, afin d’optimiser les véhicules et les réseaux de transports existants. Pour le transport de marchandises par exemple, on ambitionne d’augmenter le taux de remplissage moyen à 8,7 tonnes en 2035, contre 7 tonnes en 2010.  Le document ne précise toutefois pas les mesures pratiques qui permettraient d’atteindre cet objectif.

 

Favoriser le report modal

La SDMP fait également le point sur les améliorations possibles en matière de report modal, notamment de la voiture individuelle vers les transports en commun terrestres, le vélo et la marche, ainsi que du transport routier vers le transport ferroviaire et fluvial. Pour le transport des marchandises, la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte accorde, en matière d’infrastructures, « une priorité aux investissements de développement du ferroviaire, des voies d’eau et des infrastructures portuaires. Il soutient le développement des trafics de fret fluvial et ferroviaire, encourageant ainsi le report modal nécessaire pour réduire le risque routier ».

 

Maîtriser la demande de mobilité

Le document identifie différents leviers d’action en faveur du développement de la mobilité propre. En ce sens, un des enjeux principaux est celui de la maîtrise de la demande de mobilité ; il s’agit d’ « encourager de nouveaux comportements favorisant la baisse de la consommation d’énergie et des émissions de gaz à effet de serre des transport ». Les actions engagées et à venir consistent essentiellement en des opérations de sensibilisation du grand public et des acteurs publics locaux.

 

Développer les modes de transports collaboratifs

S’adressant plus directement aux particuliers, la LTECV a introduit plusieurs outils encouragent le développement des modes de transports collaboratifs. Par exemple, un référentiel de bonnes pratiques capitalisant les expériences en matière de schémas d’aires de covoiturage a été  élaboré. Aussi, il est prévu de capitaliser les retours d’expériences et de bonnes pratiques sur les services de voitures et de vélos en libre service.  Ici, un des objectifs sous-jacent est l’augmentation du taux d’occupation des véhicules en circulation grâce, entre autres, aux véhicules partagés.

 

Enfin, il est indiqué que les documents ou démarches stratégiques existantes ou en préparation devront prendre en compte les priorités de développement de la mobilité propre, dès leur prochaine élaboration ou révision.

Alors que les sujets de transport et mobilité sont souvent trop peu abordés par les politiques énergétiques, le Forum des mobilités se réjouit que la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte se saisisse de ces thématiques. Ce document vient rappeler les engagements pris sur ces sujets et doit servir de colonne vertébrale à l’action publique en matière de mobilité durable. Sur fond du succès de la COP21, c’est l’addition de ce type d’action qui permettra, à terme, de répondre aux problématiques environnementales et de santé publique liées à la mobilité.

Afin de répondre efficacement aux enjeux de dérèglement climatique et de pollution de l’air, il faudra veiller à ne pas omettre la complémentarité des technologies et des modes de transports ; c’est l’ensemble des solutions qui permettra de répondre aux besoins de mobilité chacun.